Le « train de la musique cubaine » en concert aux États-Unis


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Les Van Van, véritable avant-garde de la musique dansante populaire cubaine de notre époque. Photo: Ariel Cecilio Lemus

Du dimanche 1er au samedi 21 mai dernier, du Jacob Park de San Diego au Hard Rock Café d'Orlando, d'une rive à l’autre, chacun des concerts des Van Van et de Havana D' Primera aux États-Unis, y compris l’excellent spectacle qui a précédé la tournée à San Juan de Porto Rico, a confirmé l'impact de l'authentique avant-garde de la musique dansante populaire cubaine de notre époque.

Un public fidèle et de nouveaux fans ont rempli les salles. Les vases communicants entre le groupe Havana D' Primera, dirigé depuis 2007 par le compositeur, trompettiste et chanteur Alexander Abreu et Van Van, le groupe emblématique avec lequel Juan Formell, à partir de 1969, a révolutionné le son, ont déversé leur musique devant des publics de différentes générations et d'origines diverses qui reconnaissent dans le pays voisin les signes vitaux d'une culture résistante et imparable.

En Floride, dernière étape de la tournée, comme il fallait s'y attendre, il y eut des tentatives ridicules pour torpiller le concert prévu le vendredi 20 mai au Charles Dodge City Center de Pembroke Pines, dans le comté de Broward, tout près de Miami.

Le noyau dur de l'industrie anti-cubaine, celle-là même qui soutient des terroristes notoires et consacre temps et ressources à saborder les moindres signes qui pourraient conduire à la normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba, a recueilli des signatures et appelé à une mobilisation pour saboter le concert.

Un simple coup d'œil aux images téléchargées sur les réseaux suffit à constater l'énorme distance entre le public qui a assisté au concert et celui qui s'est rassemblé à l'angle du centre culturel. À l'intérieur de la salle comble, le public scandait les chansons d'Havana D' Primera et, avec une insistance particulière, celles des Van Van. Le plaisir fut sans égal lorsque Roberton, Abdel, Mandy et Vanessa ont entonné les classiques de Van Van. Dans le public, de nombreux Latinos, et bien sûr, des Cubains qui vivent dans la partie sud de l'État.

À l'extérieur de la salle, quelques dizaines seulement de haineux qui vociféraient. Une faible réponse aux appels de l'extrême droite, des mots grossiers à profusion, des vociférations injurieuses, contenues par des policiers qui, pour rien au monde, n’auraient laissé un acte de culture se transformer en violence.

« Ceux qui nous aiment sont plus nombreux que ceux qui ne nous aiment pas », a posté Vanessa à la fin du concert. Auparavant, s'adressant aux promoteurs du blocus, une Cubaine avait déclaré dans l'une des publications anticubaines les plus agressives : « Moi, oui, je vais au concert parce que mon argent m’appartient et que j'ai toujours aimé les Van Van, et je me moque de toutes leurs raisons (celles des boycotteurs). Je les respecte, mais comme je les aime, j'y vais et je serai au premier rang. Ceux qui ne les aiment pas, qu’il n’y aille pas et c'est tout. »

Ils étaient nombreux comme elle, qui sont probablement maintenant la cible d'attaques. Ils ont même annoncé à un reguetonero qui est monté sur scène pour chanter avec Alexander comment il allait mourir. Mieux encore, l'un de ceux qui vient de s’embarquer dans le train anti-cubain a eu l'idée de poster sur le compte officiel des Van Van : « Mon train ne tombe pas en panne », si bien que maintenant ils veulent le démolir.

Face à la pauvreté spirituelle, une réalité percutante : la musique, la plus authentique, celle qui construit des ponts, celle des trains de la musique cubaine, avance sans s’arrêter.


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